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Tout au long de la vallée de la Somme, sont implantés danciens
sites fortifiés, certains connus depuis longtemps sous le
nom de "camps de César", dautres révélés plus
récemment par les prospections aériennes. Le plus connu et
lun des plus importants est celui de la Chaussée Tirancourt
qui domine Samara. Grâce au
ballon captif du parc, il est possible dobserver cet
éperon barré de 35 hectares. La porte daccès de la fortification,
à lest du site, a été reconstituée par Gérard Fercoq
du Leslay, archéologue départemental de la Somme. Elle est
présentée dans le pavillon des expositions de Samara.
Ces
sites sont-ils des oppida ?
César, dans "La Guerre des Gaules", fait référence
à loppidum comme à une ville celte fortifiée. Le modèle
le mieux connu est celui de Bibracte, sur le Mont Beuvray
(près dAutun), qui était la capitale des Eduens. Alors
que César mentionne les oppidas de nombreux peuples celtes,
jusque chez les Rèmes (Champagne et une partie de lAisne),
il nen cite pas pour les peuples qui occupent les actuelles
régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais qui constituaient,
avec une partie de la Belgique, ce quil appelait la
"Gaule Belgique".
Cest le peuple des Ambiens qui occupe alors la vallée
de la Somme. Si lon excepte le très important sanctuaire
de Ribemont-sur-Ancre et les fermes
indigènes détectées par Roger Agache, dans les années 60 lors de ses prospections
aériennes, on connaît mal les modes doccupation du bassin
de la Somme par les Ambiens.
Le "camp de César" de la Chaussée-Tirancourt a
été le plus récemment fouillé. Les fortifications les plus
anciennes datent de 40 avant J-C, cest-à-dire après
la conquête romaine (-52 avant J-C). Les autres datent denviron
-25 avant J-C. Ces fortifications sont de type celte, appelées
"murus gallicus", avec des poutres de bois entrecroisées
et un parement en pierre. Les archéologues saccordent
à penser quil sagit donc, non dun "oppidum
celte", mais dun camp militaire romain, édifié
avec lappui de Gaulois que César, lui-même, considéraient
comme experts en matière de fortification.
Il est probable que nombre des autres sites ait été fortifié
à la même époque, même sil est attesté, comme à Liercourt-Erondelle,
des occupations antérieures. On voit ainsi se dessiner une
ligne de fortifications tout au long de la Somme alors que
lon sait que dès -51 César maintient des troupes en
cantonnement pour "ôter aux Belges tout moyen de tenter
encore une révolte". Ces rébellions se succèdent, jusque
dans les années -29/-28, au nord chez le peuple des Morins.
Ces sites fortifiés, servant de camps de retranchement romains,
peuvent donc être considérés comme une ligne de défense, première
désignation stratégique de la Somme
comme ligne frontière.
César chez
les Ambiens
César, lors de la conquête des Gaules, arrive en -57 chez
les Bellovaques (dans lactuel département de lOise),
puis chez les Ambiens qui se rendent aussitôt.
Durant lhiver -54, César, de retour de son expédition
Outre-Manche, convoque une assemblée des Gaulois à Samarobriva.
Il décide de disséminer ses légions, pour leur cantonnement
dhiver, chez différents peuples compte-tenu des mauvaises
récoltes de lannée suite à la sécheresse. Lui-même reste
chez les Ambiens, avec 3 légions, aux environs de Samarobriva.
La ville dAmiens sest appelée Samarobriva ce
qui veut dire "pont sur la Somme", le mot celte"briva"
signifiant "pont". Mais les multiples fouilles menées
dans la Ville attestent quelle fut fondée quelques années
seulement avant notre ère, probablement par des militaires
romains, sur un site peu salubre de marais qui constituait
cependant un passage incontournable vers la "Bretagne"
(actuelle Grande-Bretagne). On ignore donc tout, aujourdhui,
de la ville des Ambiens aussi appelée Samarobriva par César.
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