Le Tourisme dans La Somme
 
 

L’offensive du 20 mai 40

Dès octobre 1939, après l’entrée des troupes allemandes en Pologne, l’offensive vers l’ouest est programmée. Mais les officiers d’Etat Major allemands sont partagés et les conditions météorologiques très dures, dès novembre, poussent Hitler à repousser de nombreuses fois la date de l’attaque.

Le 17 février, le général von Manstein est reçu par le Führer et lui expose son plan qu’il a conçu dès octobre 39 :

"... la réussite dépend de la destruction de la totalité des forces ennemies combattant en Belgique et au nord de la Somme et non de leur refoulement frontal... Et comme l’ennemi ne manquera pas de lancer du sud, contre notre flanc gauche, une attaque, il faut que le centre de gravité de toute l’opération soit placé à l’aile sud.... L’ultime décision appartiendrait à la 12ème armée poussant en direction de la basse Somme".

La conviction d’Hitler est faite. Depuis longtemps il avait eu la même idée sans en avoir traduit les implications stratégiques. Il fixe lui-même l’objectif de l’offensive : Abbeville, sur la Somme, qui commande l’accès à la mer. L’opération est donc mise à l’étude dès la fin février, malgré l’opposition des généraux, inquiets face à l’audace du plan qui prévoit l’avance des blindés, très loin vers le sud puis vers l’ouest, sans le soutien de leurs bases.

C’est Guderian qui est chargé par Hitler de conduire l’offensive, à la tête du XIXème corps qui regroupe les 1ère, 2ème et 10ème panzerdivisions, soit 828 chars précédant plus de 7 000 véhicules.

Conformément au plan, le 10 mai l’armée allemande pénètre en Hollande, puis en Belgique. Le 14 mai les troupes de Guderian franchissent la Meuse, de part et d’autre de Sedan, précédées des attaques aériennes des bombardiers. La marche se poursuit à rythme forcé. Le 17 Guderian est dans l’Aisne, près de Laon. Le Colonel de Gaulle lui oppose une vive résistance à Montcornet et réussit une percée jusqu’à 2 km du P.C. de Guderian.

Le 18, la marche reprend vers l’ouest. Le 19, les troupes de Guderian atteignent Péronne, tout un symbole : c’est une revanche pour les Allemands qui se souviennent des durs combats de la Somme et de la défaite de 1918. Guderian décide alors de diviser ses troupes : le 20 mai, à partir d’Albert, la 1ère division marchera vers Amiens et la 2ème vers Abbeville. Depuis Péronne, la marche sera longue : plus de 110 kilomètres jusqu’à Abbeville. L’objectif est de contrôler les ponts sur la Somme.

Quand Guderian entre à Amiens, le centre de la ville brûle, les bombardements ont tué et blessé des centaines de personnes et provoqué des dizaines d’incendies. Guderian visite la cathédrale et repart immédiatement vers Abbeville où ses troupes pénètrent à 18h30. Là encore toute la ville est en flammes, au point que les Allemands ont du mal à trouver un passage vers le fleuve.

L’offensive allemande "Sichelschnitt Plan" -"le coup de faux" en français- n’a duré que 10 jours. Au soir du 20 mai, le succès est total : les Allemands contrôlent la Somme. Mais Abbeville est réduite en cendres. Les églises et les hôtels brûlent, le beffroi n’existe plus, les voûtes de la collégiale Saint-Vulfran sont tombées ; des centaines d’habitants et de réfugiés sont blessés ou morts...