Le Tourisme dans La Somme
 
 
Revivez le voyage en train à vapeur au départ de Paris Gare de Lyon
pour se rendre au Festival de la Vapeur à Noyelles-sur-mer le samedi 22 avril 2006 :



Cyril-Bonnaud

Les curiosités du parcours

Cayeux-sur-Mer est une station balnéaire au charme un peu "rétro" très animée en été. Le front de mer est agrémenté d'un chemin de planches bordé d'une multitude de cabines dominant la plage qui s'étend sur plusieurs kilomètres.

Au coup de sifflet, le convoi s'ébranle doucement. Les voyageurs assis sur les banquettes de bois des vieilles voitures voient s'éloigner les bâtiments de la gare de Cayeux-sur-Mer. Le train s'élance à travers champs. Sur la gauche, on aperçoit le phare de Cayeux-sur-Mer. Non loin de là se trouve la petite station balnéaire de Brighton créée en 1884 à l'époque de la construction du chemin de fer Noyelles-Cayeux-sur-Mer. Aujourd'hui encore, les promenades dans les dunes ou à l'ombre des pins maritimes ne manquent pas de charme.

Mais revenons à notre train. Sur la droite, on distingue par temps clair les impressionnantes falaises crayeuses d'Ault au Tréport. Jusqu'à Lanchères, les voyageurs découvrent un paysage bocager fait de haies et de pâturages. En gare de Lanchères-Pendé furent tournées en 1980 quelques scènes du film "Le Cheval d'Orgueil".

Puis le paysage se transforme. Le petit train grimpe et s'essouffle pour atteindre le point culminant du parcours : 28 m au-dessus du niveau de la Baie de Somme. Puis il entame une descente vertigineuse sous les arbres dont le feuillage forme une voûte très spectaculaire. Au pied de la pente, on découvre les premières maisons de Saint-Valery-sur-Somme. Le train entre en gare de Saint-Valery ville, excellent exemple de l'architecture des années 30 et restaurée en 1988. Puis il rebrousse chemin jusqu'au port où il côtoie les bateaux de pêche.

Saint-Valery-sur-Somme est une petite ville attachante alliant le charme d'un port de pêche, d'une digue promenade permettant d'admirer le spectacle toujours renouvelé de la Baie de Somme et d'une vieille ville pittoresque entourée de remparts. Parcourant les rues bordées de vieilles maisons à colombage, on atteint l'église Saint-Martin dont la décoration de silex dessine d'étonnants damiers. Quittant le port de Saint-Valery-sur-Somme, le petit train passe devant la gare et s'engage au pas sur le pont tournant surplombant la dernière écluse du canal de la Somme.

Après le dépôt de Saint-Valery-sur-Somme, canal où sont remisées les vieilles "Loco" d'époque, le paysage se dégage. Le convoi prend de la vitesse et roule sur la digue qui marque l'extrémité de la Baie de Somme. Aux grandes marées, il arrive que les eaux de la Manche viennent lécher les traverses du train, histoire d'ajouter un peu de sel au pittoresque du voyage ! Le plus souvent, la Baie est une vaste prairie où paissent les moutons de pré-salé.

L'une des principales activités pratiquées dans la Baie est la chasse au gibier d'eau. Au loin, on peut distinguer les pointes du Hourdel et du Marquenterre qui marquent l'extrémité de la Baie. De l'autre côté de la digue, apparaissent les bas champs, paradis des oiseaux ; cygnes et hérons cendrés y nichent en grand nombre. Le convoi s'engage alors dans une région particulièrement verdoyante. Après un passage à niveau, le nombre de voies se multiplie soudain alors qu'apparaît la ligne du Crotoy.

Le petit train entre en gare de Noyelles. La petite ville de Noyelles est dotée d'agréables promenades ombragées au bord d'une petite rivière le Dien. On peut également découvrir un cimetière chinois. Un corps de travailleurs chinois attachés à l'armée britannique participa en effet à la guerre de 1914-1918.

La particularité de la gare de Noyelles-sur-Mer est d'être en "cul de sac". Il faut effectuer un rebroussement pour continuer le voyage vers le Crotoy. Les deux trains partent parfois ensemble et se côtoient pendant quelques centaines de mètres à la plus grande joie des voyageurs. Puis la ligne du Crotoy quitte celle de Saint-Valery-sur-Somme et pénètre dans une contrée un peu mystérieuse, faites de haies, de chemins creux, de petits cours d'eau. Le train longe une hutte et sa mare où les "blettes", de faux canards, semblent nager tranquillement sur le plan d'eau.

Puis l'horizon s'élargit, le train franchit la rivière des îles, coupe la route panoramique au détour d'une courbe avant d'arriver en vue du Crotoy. C'est la fin du voyage, la locomotive est dételée et s'en va près du dépôt faire le plein d'eau et se "reniper" avant un nouveau voyage. Remarquez en particulier la bascule servant au pesage des wagons et toujours en état de marche. La remise à locomotives est la seule à être d'origine de la construction du réseau. Son architecture est typique : murs à colombages et briques rouges scellées au torchis.

Le Crotoy jouit d'une situation particulière. A marée basse la mer se retire sur plusieurs kilomètres découvrant une vaste étendue de sable fin. De la table d'orientation de la "Butte des Moulins" on peut apprécier un des plus beaux panoramas sur la Baie de Somme.

Empruntez donc le Chemin de Fer de la Baie de Somme. C'est une tout autre approche que lors d'un voyage en voiture.

 

De vraies locomotives à vapeur

Les locomotives à vapeur en circulation sur le chemin de fer de la Baie de Somme sont typiques des anciens "chemins de fer économiques". Elles sont le plus souvent à trois essieux moteur. La conduite tient en deux opérations essentielles : ouvrir plus ou moins le régulateur -R- et régler le pourcentage d'admission de vapeur. Le chauffeur doit entretenir le feu de manière à maintenir la pression suffisante et vérifier régulièrement le niveau d'eau dans la machine. La consommation de charbon varie beaucoup en fonction de la machine, de la charge remorquée, du profil de la ligne et de l'habileté du chauffeur. Il faut en moyenne 200 à 600 kg de combustibles par jour.

 

Un peu d’histoire :
Des chemins de fer économiques à l’Association du chemin de fer de la Baie de Somme

Dans la seconde moitié du XIXème siècle la France se dota d'un important réseau de chemins de fer à écartement "normal" (1,435 m). Cependant, la construction de ces lignes était trop onéreuse pour permettre la desserte dense des zones rurales. A partir de 1880, l'établissement de lignes "d'intérêt local" à écartement étroit (1 m) fut envisagée et prit finalement l'appellation de "chemins de fer économiques".

Dès 1884, le département de la Somme décida la construction d'un réseau d'intérêt local à voie métrique et en confia l'exploitation à la "Société générale des Chemins de fer Economiques" (S.E.). Les lignes assurant la desserte de la Baie de Somme et de ses alentours prirent le nom de "groupe des Bains de Mer".

Elles reliaient Noyelles au Crotoy, Saint-Valery à Cayeux-sur-Mer, Abbeville à Dompierre-sur-Authie et Noyelles à Forest-l'Abbaye. Le réseau connut immédiatement une grande affluence de voyageurs pendant la période estivale : cette période coïncide avec les premiers développements du tourisme balnéaire mais ce réseau est également exploité à des fins économiques : transport de galets entre Cayeux-sur-Mer et Saint-Valery ou Noyelles, transport de betteraves à l'automne jusqu'à la raperie de Lanchères, de coques ramassées en baie par les pêcheurs à pied, de chicorée.

Le réseau des "Bains de Mer" fut modernisé en 1937 avec la mise en service d'autorails de Dion Bouton et la rénovation des gares. Après la seconde guerre mondiale, malgré le développement de l'automobile, le trafic des lignes de la Baie de Somme resta important alors que la ligne Abbeville Dompierre dut fermer en 1947. Les locomotives à vapeur furent remplacées par des loco-diesel dans les années 50.

Au début des années 60, le trafic commença à subir une forte concurrence routière. La ligne du Crotoy fut fermée en 1969, celle de Cayeux-sur-Mer en 1972. Mais déjà les amateurs de chemin de fer se regroupaient en association.

L'Association CFBS (Chemin de Fer de la Baie de Somme), a été créée le 13 mars 1970 pour sauvegarder le Réseau des Bains de Mer suite à la fermeture provisoire de ses lignes. Malgré des débuts rendus difficiles par l'ampleur de la tâche, l'action bénévole des membres a permis au Chemin de Fer de la Baie de Somme d'acquérir une image de marque flatteuse dans l'offre du tourisme sur la Côte Picarde. La desserte touristique a permis de sauver un patrimoine original ainsi qu'une cinquantaine de véhicules moteurs et remorqués.

Depuis 1983, l'association, grâce à l'aide du Syndicat mixte d'Aménagement de la Côte Picarde, a pu entreprendre des travaux d'investissement : l'association est à la recherche de partenaires extérieurs capables de l'aider à poursuivre son développement en phase avec celui du tourisme sur la Côte Picarde.

En 1998, l'association compte 150 membres bénévoles, 9 salariés à plein temps et 4 saisonniers. Le CFBS est géré par un Conseil d'Administration de 9 membres.

 

Renseignements Pratiques

Ouverture
Le train à vapeur circule :
- du 1/07 au 31/08 tous les jours
- du
08/04 au 07/05, du 24/05 au 29/06 et du 03 au 17/09 : tous les jours sauf les lundis et les vendredis
- du 10 au 21/05, du 20/09 au 01/10 les mercredis, samedis, dimanches et fêtes
- du 08/10 au 05/11 : les dimanches
- Et les 1, 2, 5, 17/04 ; 1, 8, 26/05 ; 05/06 ; 28 et 31/10 ; 01, 02 et 04/11

Tarifs
Selon le parcours :
Adulte : de 7,50 € à 13,50 €-
Enfant (-18 ans) : de 5,70 € à 10,30 €.

Le Chemin de Fer de la Baie de Somme
Gare
BP 31 - 80230 St-Valery-Sur-Somme
Tél : 03 22 26 96 96
 -   Fax : 03 22 26 95 66
E-mail : cfbs@neuronnexion.fr 
Site internet : www.chemin-fer-baie-somme.asso.fr