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Les curiosités du parcours
Cayeux-sur-Mer est une station balnéaire
au charme un peu "rétro" très animée en été. Le
front de mer est agrémenté d'un chemin de planches bordé d'une
multitude de cabines dominant la plage qui s'étend sur plusieurs
kilomètres.
Au coup de sifflet, le convoi s'ébranle
doucement. Les voyageurs assis sur les banquettes de bois
des vieilles voitures voient s'éloigner les bâtiments de la
gare de Cayeux-sur-Mer. Le train s'élance à travers champs.
Sur la gauche, on aperçoit le phare de Cayeux-sur-Mer. Non
loin de là se trouve la petite station balnéaire de Brighton
créée en 1884 à l'époque de la construction du chemin de fer
Noyelles-Cayeux-sur-Mer. Aujourd'hui encore, les promenades
dans les dunes ou à l'ombre des pins maritimes ne manquent
pas de charme.
Mais revenons à notre train. Sur
la droite, on distingue par temps clair les impressionnantes
falaises crayeuses d'Ault au Tréport. Jusqu'à Lanchères, les
voyageurs découvrent un paysage bocager fait de haies et de
pâturages. En gare de Lanchères-Pendé furent tournées en 1980
quelques scènes du film "Le Cheval d'Orgueil".
Puis le paysage se transforme. Le
petit train grimpe et s'essouffle pour atteindre le point
culminant du parcours : 28 m au-dessus du niveau de la Baie
de Somme. Puis il entame une descente vertigineuse sous les
arbres dont le feuillage forme une voûte très spectaculaire.
Au pied de la pente, on découvre les premières maisons de
Saint-Valery-sur-Somme. Le train entre en gare de Saint-Valery
ville, excellent exemple de l'architecture des années 30 et
restaurée en 1988. Puis il rebrousse chemin jusqu'au port
où il côtoie les bateaux de pêche.
Saint-Valery-sur-Somme est une petite
ville attachante alliant le charme d'un port de pêche, d'une
digue promenade permettant d'admirer le spectacle toujours
renouvelé de la Baie de Somme et d'une vieille ville pittoresque
entourée de remparts. Parcourant les rues bordées de vieilles
maisons à colombage, on atteint l'église Saint-Martin dont
la décoration de silex dessine d'étonnants damiers. Quittant
le port de Saint-Valery-sur-Somme, le petit train passe devant
la gare et s'engage au pas sur le pont tournant surplombant
la dernière écluse du canal de la Somme.
Après le dépôt de Saint-Valery-sur-Somme,
canal où sont remisées les vieilles "Loco" d'époque,
le paysage se dégage. Le convoi prend de la vitesse et roule
sur la digue qui marque l'extrémité de la Baie de Somme. Aux
grandes marées, il arrive que les eaux de la Manche viennent
lécher les traverses du train, histoire d'ajouter un peu de
sel au pittoresque du voyage ! Le plus souvent, la Baie est
une vaste prairie où paissent les moutons de pré-salé.
L'une des principales activités pratiquées
dans la Baie est la chasse au gibier d'eau. Au loin, on peut
distinguer les pointes du Hourdel et du Marquenterre qui marquent
l'extrémité de la Baie. De l'autre côté de la digue, apparaissent
les bas champs, paradis des oiseaux ; cygnes et hérons cendrés
y nichent en grand nombre. Le convoi s'engage alors dans une
région particulièrement verdoyante. Après un passage à niveau,
le nombre de voies se multiplie soudain alors qu'apparaît
la ligne du Crotoy.
Le petit train entre en gare de Noyelles.
La petite ville de Noyelles est dotée d'agréables promenades
ombragées au bord d'une petite rivière le Dien. On peut également
découvrir un cimetière chinois. Un corps de travailleurs chinois
attachés à l'armée britannique participa en effet à la guerre
de 1914-1918.
La particularité de la gare de Noyelles-sur-Mer
est d'être en "cul de sac". Il faut effectuer un
rebroussement pour continuer le voyage vers le Crotoy. Les
deux trains partent parfois ensemble et se côtoient pendant
quelques centaines de mètres à la plus grande joie des voyageurs.
Puis la ligne du Crotoy quitte celle de Saint-Valery-sur-Somme
et pénètre dans une contrée un peu mystérieuse, faites de
haies, de chemins creux, de petits cours d'eau. Le train longe
une hutte et sa mare où les "blettes", de faux canards,
semblent nager tranquillement sur le plan d'eau.
Puis l'horizon s'élargit, le train
franchit la rivière des îles, coupe la route panoramique au
détour d'une courbe avant d'arriver en vue du Crotoy. C'est
la fin du voyage, la locomotive est dételée et s'en va près
du dépôt faire le plein d'eau et se "reniper" avant
un nouveau voyage. Remarquez en particulier la bascule servant
au pesage des wagons et toujours en état de marche. La remise
à locomotives est la seule à être d'origine de la construction
du réseau. Son architecture est typique : murs à colombages
et briques rouges scellées au torchis.
Le Crotoy jouit d'une situation particulière.
A marée basse la mer se retire sur plusieurs kilomètres découvrant
une vaste étendue de sable fin. De la table d'orientation
de la "Butte des Moulins" on peut apprécier un des
plus beaux panoramas sur la Baie de Somme.
Empruntez donc le Chemin de Fer de
la Baie de Somme. C'est une tout autre approche que lors d'un
voyage en voiture.
De vraies locomotives à vapeur
Les locomotives à vapeur en circulation
sur le chemin de fer de la Baie de Somme sont typiques des
anciens "chemins de fer économiques". Elles sont
le plus souvent à trois essieux moteur. La conduite tient
en deux opérations essentielles : ouvrir plus ou moins le
régulateur -R- et régler le pourcentage d'admission de vapeur.
Le chauffeur doit entretenir le feu de manière à maintenir
la pression suffisante et vérifier régulièrement le niveau
d'eau dans la machine. La consommation de charbon varie beaucoup
en fonction de la machine, de la charge remorquée, du profil
de la ligne et de l'habileté du chauffeur. Il faut en moyenne
200 à 600 kg de combustibles par jour.
Un peu dhistoire :
Des chemins de fer économiques à
lAssociation du chemin de fer de la Baie de Somme
Dans la seconde moitié du XIXème
siècle la France se dota d'un important réseau de chemins
de fer à écartement "normal" (1,435 m). Cependant,
la construction de ces lignes était trop onéreuse pour permettre
la desserte dense des zones rurales. A partir de 1880, l'établissement
de lignes "d'intérêt local" à écartement étroit
(1 m) fut envisagée et prit finalement l'appellation de "chemins
de fer économiques".
Dès 1884, le département de la Somme
décida la construction d'un réseau d'intérêt local à voie
métrique et en confia l'exploitation à la "Société générale
des Chemins de fer Economiques" (S.E.). Les lignes assurant
la desserte de la Baie de Somme et de ses alentours prirent
le nom de "groupe des Bains de Mer".
Elles reliaient Noyelles au Crotoy,
Saint-Valery à Cayeux-sur-Mer, Abbeville à Dompierre-sur-Authie
et Noyelles à Forest-l'Abbaye. Le réseau connut immédiatement
une grande affluence de voyageurs pendant la période estivale
: cette période coïncide avec les premiers développements
du tourisme balnéaire mais ce réseau est également exploité
à des fins économiques : transport de galets entre Cayeux-sur-Mer
et Saint-Valery ou Noyelles, transport de betteraves à l'automne
jusqu'à la raperie de Lanchères, de coques ramassées en baie
par les pêcheurs à pied, de chicorée.
Le réseau des "Bains de Mer"
fut modernisé en 1937 avec la mise en service d'autorails
de Dion Bouton et la rénovation des gares. Après la seconde
guerre mondiale, malgré le développement de l'automobile,
le trafic des lignes de la Baie de Somme resta important alors
que la ligne Abbeville Dompierre dut fermer en 1947. Les locomotives
à vapeur furent remplacées par des loco-diesel dans les années
50.
Au début des années 60, le trafic
commença à subir une forte concurrence routière. La ligne
du Crotoy fut fermée en 1969, celle de Cayeux-sur-Mer en 1972.
Mais déjà les amateurs de chemin de fer se regroupaient en
association.
L'Association CFBS (Chemin de Fer
de la Baie de Somme), a été créée le 13 mars 1970 pour sauvegarder
le Réseau des Bains de Mer suite à la fermeture provisoire
de ses lignes. Malgré des débuts rendus difficiles par l'ampleur
de la tâche, l'action bénévole des membres a permis au Chemin
de Fer de la Baie de Somme d'acquérir une image de marque
flatteuse dans l'offre du tourisme sur la Côte Picarde. La
desserte touristique a permis de sauver un patrimoine original
ainsi qu'une cinquantaine de véhicules moteurs et remorqués.
Depuis 1983, l'association, grâce
à l'aide du Syndicat mixte d'Aménagement de la Côte Picarde,
a pu entreprendre des travaux d'investissement : l'association
est à la recherche de partenaires extérieurs capables de l'aider
à poursuivre son développement en phase avec celui du tourisme
sur la Côte Picarde.
En 1998, l'association compte 150
membres bénévoles, 9 salariés à plein temps et 4 saisonniers.
Le CFBS est géré par un Conseil d'Administration de 9 membres.
Renseignements Pratiques
Ouverture
Le train à vapeur circule
:
- du 1/07 au 31/08 tous les jours
- du 08/04 au 07/05, du 24/05 au 29/06 et du 03 au
17/09 : tous les jours sauf les lundis et les vendredis
- du 10 au 21/05, du 20/09 au 01/10 les mercredis, samedis,
dimanches et fêtes
- du 08/10 au 05/11 : les dimanches
- Et les 1, 2, 5, 17/04 ; 1, 8, 26/05 ; 05/06 ; 28 et 31/10
; 01, 02 et 04/11
Tarifs
Selon le parcours :
Adulte : de 7,50 € à 13,50 €-
Enfant (-18 ans) : de 5,70 € à 10,30 €.
Le Chemin de Fer de la Baie de
Somme
Gare
BP 31 - 80230 St-Valery-Sur-Somme
Tél : 03 22 26 96 96  -   Fax : 03 22
26 95 66
E-mail : cfbs@neuronnexion.fr 
Site internet : www.chemin-fer-baie-somme.asso.fr
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