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Abbeville
Cest en 1911,à Saint-Ouen
près de Flixecourt dans la Somme, que naît Alfred Manessier.
Il passe son enfance à Abbeville.
Il meurt 82 ans plus tard, lui laissant juste le temps de
terminer les vitraux de léglise
du Saint Sépulcre, son église paroissiale familiale, où
sont célébrées ses obsèques.
Du
surréalisme à labstraction figurative
Lycéen à Amiens,
Manessier monte à Paris, où il est admis à lEcole Nationale
Supérieure des Beaux Arts, section architecture, en 1929.
Il fréquente régulièrement le Louvre, pour y copier Le Tintoret,
Titien, Rubens. Il fréquente les surréalistes. En 1932, il
envoie sa 1ère toile au salon des Indépendants.
En 1937, Léon Blum, chef du Gouvernement
du Front Populaire, confie à Robert et Sonia De Launay la
décoration du palais des chemins de fer et du palais de lair
à lexposition internationale. Il leur demande de faire
travailler 50 peintres chômeurs parmi lesquels on relève notamment
Bissière et Manessier. Ils peignent sur de grandes toiles
un ensemble de rythmes colorés, hymne joyeux à laventure
de lhomme moderne, sur des compositions de 780 m2
pour le palais de lair et de 1772 m2 pour
celui des chemins de fer.
En 1941, sinscrivant dans le
courant personnaliste de la revue Esprit et dEmmanuel
Mounier, Manessier participe à une exposition de la jeune
peinture française aux côtés de Bazaine et Lautrec. Lintitulé
de lexposition, "20 jeunes peintres de tradition
française", si elle a de quoi tromper la censure, ne
signe pas pour autant le ralliement de ces artistes à la tradition
telle quelle est conçue par le régime de Vichy. Elle
présenterait même plutôt toutes les caractéristiques de lart
dégénéré fustigé par la propagande officielle.
La tradition à laquelle se réfère
la plupart de ces jeunes peintres est celle de lart
médiéval et plus particulièrement de lart roman. Ils
rejettent la perspective de la renaissance, sinspirent
des vitraux, émaux cloisonnés des tapisseries du moyen-âge,
sans pour autant négliger les leçons tirées du fauvisme et
du cubisme.
Ils travaillent sur la lumière et
les couleurs pour rendre les impressions.
Le
peintre de la lumière
Après la guerre, Manessier sinscrit dans ce quil
est convenu dappeler lécole de Paris dont il représente,
avec Bazaine et Bissière, le courant dit de labstraction
figurative qui recherche à traduire les expressions sensuelles
de lartiste en contact avec les éléments naturels. Le
mélange si particulier deau, de terre et de lumière
de la Somme, en baie comme dans la vallée, la profondément
inspiré jusquà la fin de sa vie comme en témoigne sa
1ère série de paysages appelée Baie de Somme et
présentée à Paris en 1949 ou ses célèbres lavis : les
sables, quil réalise dans les années 80 au Crotoy.
Lautre lumière qui a marqué
Manessier, est celle qui vibre à travers les vitraux et enflamme
les édifices religieux.
Fasciné par ceux de la cathédrale
de Chartres où il se rendait régulièrement, il sapproprie
lart du vitrail avant den réaliser lui-même.
Il réalise ses premiers vitraux en
1947 pour le chur de léglise du hameau de Bréseux,
situé sur la commune de Maîche dans le Jura, apparaissant
comme un pionnier du mouvement de rénovation de lart
sacré par lart abstrait.
Dautres suivront à Brême, Fribourg,
Pontarlier et enfin à Abbeville.
Les
vitraux de lEglise du Saint Sépulcre
Dans léglise du Saint-Sépulcre,
la lumière changeante qui filtre à travers les verres colorés,
rythmés par les mouvements du plomb, sempare de lespace
au point den faire oublier la pierre. Comme si le Saint-Sépulcre
navait été construit que pour accueillir les vitraux
de Manessier.
Les 3 fenêtres du chur rougeoient
de la flamme de la résurrection. Au sud, des jaune et parme
symbolisent les champs de blé et la vigne, au nord, une symphonie
de bleu semble appeler à la méditation.
Ces derniers vitraux de Manessier
clôturent son uvre et achèvent la recherche de la fin
des années 30, lorsque, jeune artiste, il sinspirait
de la démarche de Charles Lapicque, ingénieur physicien auteur,
en 1938, de la théorie sur loptique de lil
et la vision des contours, et également grand peintre.
Lapicque a en effet découvert que, à linverse de lart
classique pour les vitraux, le bleu va être utilisé dans les
plans rapprochés et statiques et le rouge, lorangeais
et le jaune dans les lointains mouvants, ciel et eau.
Synthèse de la culture française
et de la Picardie qui la forgé, Alfred Manessier est
un grand maître de la peinture contemporaine, le Saint Sépulcre
est une magnifique occasion de le découvrir.
Ouvert en juin, juillet et août 10-12h, 14h-18h. Visite
libre ou sur demande.
Association des amis de l'eglise du St-Sépulcre d'Abbeville
et des Vitraux de Manessier.
M.J.F Coquet, 24 rue Jean Macé - 80 100 Abbeville -
Tél : 03 22 24 47 61
E-mail : vitrmanessierabb@nordnet.fr
Site internet : http://asso.nordnet.fr/vitraux_manessier_abb/accueil.htm
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